Rencontres

Plongée dans l'ego de l'histoire

Jeudi 13 septembre
19 h 30

Avec la participation de Nathalie Heinich, sociologue, pour Une histoire de France (Les impressions nouvelles, 2018), et de Philippe Sands, avocat franco-britannique, pour Retour à Lemberg (Albin Michel, 2017), traduit de l’anglais par Astrid von Busekist
Rencontre modérée par Alexandre Gefen, critique littéraire et chercheur au CNRS

C’est l’histoire d’une famille juive émigrée et d’une famille protestante exilée, celle de deux lignées, de deux exils, « une histoire de France ».
Lors d’un « retour à Lemberg », l’auteur enquête sur l’origine des notions de génocide et de crime contre l’humanité, et découvre des secrets de famille.

Rencontre complète

Ecrivaine, résistante, aventurière. Tereska Torrès-Levin, une femme du siècle (1920-2012)

Dimanche 23 septembre
15 h 30

Avec la participation de : Sébastien Albertelli, historien ; Nathalie Hazan-Brunet, ancienne conservatrice au mahJ ; Dominique Missika, historienne et éditrice
En présence de Dominique Torrès et de Gabriel Levin, enfants de Tereska Torrès-Levin
Rencontre animée par John Lichfield, journaliste au quotidien The Independent

Portrait de Tereska Torrès-Levin à l’occasion des soixante ans du décès de son père, l’artiste Marek Szwarc (1892-1958), et de l’exposition « Hommage aux donateurs ».
Née à Paris en 1920 de parents juifs polonais convertis au christianisme, elle rejoint de Gaulle à Londres en 1940. Son roman Jeunes femmes en uniforme (Phébus, 2011), adaptation française de son best-seller Women’s Barracks, son Journal, 1939-1945, puis le documentaire de sa fille, Dominique Torrès, Elles ont suivi de Gaulle (1999) témoignent de cette expérience.
En 1947, elle tient le rôle principal dans le film Les Illégaux réalisé par Meyer Levin, et partage l’errance des survivants de la Shoah à travers l’Europe jusqu’à leur embarquement pour la Palestine. Quarante ans plus tard, elle part seule en Éthiopie pour organiser le départ clandestin d’enfants falashas.

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Chagall, Lissitzky, Ryback. L'art populaire juif et l'avant-garde russe

Mardi 25 septembre
19 h 30

Avec la participation de Claire Le Foll, université de Southampton, auteur de L’École artistique de Vitebsk (1897-1923) (L’Harmattan, 2002), et de Jean-Claude Marcadé, CNRS, auteur notamment de L’Avant-Garde russe, 1907-1927 (Flammarion, 2007)
Rencontre modérée par Ada Ackerman, CNRS

Les expéditions ethnographiques menées en Europe orientale par An-Sky entre 1912 et 1914 furent une source d’inspiration pour de nombreux artistes de l’École de Vitebsk. Conjuguer les aspirations universalistes avec l’allégeance au nationalisme juif en Russie fut, au début du XXe siècle, le projet porté notamment par Marc Chagall, El Lissitzky ou Issaachar Ber Ryback, au sein de leurs expérimentations avant-gardistes respectives.

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Iain Sinclair et les secrets de la petite synagogue de Princelet Street

Mercredi 3 octobre
19 h 30

À l’occasion de la réédition du livre Le Secret de la chambre de Rodinsky, de Iain Sinclair et de Rachel Lichtenstein (Inculte, 2018), traduit par Bernard Hoepffner et Marie-Claude Peugeot
En présence de Iain Sinclair, romancier, et de Rachel Lichtenstein, artiste
Rencontre modérée par Olivier Lamm, journaliste à Libération

En 1979, la découverte de la chambre de David Rodinsky, située au-dessus de la petite synagogue de Princelet Street à Londres, fait apparaître comme un
« réservoir de temps figé ». Véritable métaphore du monde des juifs de l’Europe de l’Est et des mystères de la Cabale, cette pièce captive l’écrivain  londonien Iain Sinclair et l’artiste Rachel Lichtenstein. Ils écrivent ensemble la quête de Lichtenstein, partie à la recherche de Rodinsky et de sa propre histoire familiale.

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La démocratie et les juifs

Jeudi 4 octobre
19 h 30

À l’occasion de la publication de l’ouvrage de Dominique Schnapper Tradition dans la modernité. La démocratie et les juifs (Gallimard, 2018)
Avec la participation de Dominique Schnapper, sociologue, et de Marcel Gauchet, philosophe
Rencontre modérée par Brice Couturier, journaliste

Que nous enseigne l’exemple des juifs sur la construction de la nation moderne et sur le projet démocratique ? Le projet de la citoyenneté – acquise par les juifs en France 1791 – était de réunir les individus et les groupes dans la nation sans pour autant supprimer les fidélités particulières. La considération du destin des juifs, minoritaires dans la modernité démocratique, ne révèle-t-elle pas les limites et la fragilité de ce mode d’organisation politique ? 

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Dalhia Ravikovitch, poète

Dimanche 14 octobre
15 h

À l’occasion de la parution de l’anthologie Même pour des milliers d’années de Dahlia Ravikovitch (Bruno Doucey, 2018)
Poupée mécanique (Buba Memukenet / Clockwork Doll).
De Ruth Walk
Israël, 2015, 53 min, vo hébreu sous-titrée en anglais

Documentaire consacré à la vie et à l’oeuvre de cette poétesse majeure (1936-2005).

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Eshkol Nevo

Dimanche 14 octobre
18 h

À l’occasion de la parution de Trois étages (Gallimard, 2018), roman traduit de l’hébreu par xx
En présence de l’auteur, en conversation avec Raphaëlle Leyris, journaliste au Monde des livres

Trois nouvelles, trois destins, trois récits, dont chacun correspond à l’étage d’un immeuble de Tel-Aviv.

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Exposer Freud

Mercredi 17 octobre
19 h 30

Avec Jean Clair, de l’Académie française, commissaire de l’exposition, et Philippe Comar, École nationale supérieure des beaux-arts, Laura Bossi-Régnier, neurologue et historienne des sciences, conseillers scientifiques de l’exposition
Rencontre modérée par Antoine Mercier, journaliste à France Culture (en attente)

Pourquoi Sigmund Freud au mahJ ? N’avait-il pas repoussé lui-même l’idée d’une « psychanalyse science juive » ? Le commissaire et les conseillers scientifiques aborderont lors de cette rencontre la problématique que pose cette première exposition en France consacrée à l’invention de la psychanalyse.

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Hélène Cixous

Jeudi 8 novembre
19 h 30

Hélène Cixous en conversation avec Laure Adler, journaliste à France Inter

« L’Algérie, j’y suis née, l’Allemagne, j’en suis née, j’en ai été environnée dès ma naissance, j’ai appris à penser, à faire des phrases, à lire le monde, dans l’univers Allemagne qui était logé dans la sphère Algérie. […] Je prenais force et sens dans une double terre. […] Cependant, Oran, ma ville natale était dans Osnabrück, la ville de ma mère. » Hélène Cixous, Une autobiographie allemande, ouvrage coécrit avec Cécile Wajsbrot (Christian Bourgois, 2016)

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Menahem Pressler

Mercredi 21 novembre
19 h 30

Menahem Pressler en conversation avec Frédéric Hutman, conseiller musical au mahJ, contributeur à Classicagenda et à RCJ

Pianiste né en Allemagne en 1923, Menahem Pressler incarne près d’un siècle de musique. C’est un témoin irremplaçable de l’Histoire : en 1939, il quitte Magdebourg pour rejoindre la Palestine, via l’Italie, avant de s’installer définitivement aux États-Unis en 1946.

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Erri de Luca

Dimanche 16 décembre
16 h

« J’étudie l’hébreu, je lis la Bible. Des pages, des mots m’ont révélé une part de leur vérité et m’ont incité à la faire partager. Je n’ai pas adapté le texte […], je m’y suis soumis. »
Ainsi s’ouvre le roman d’Erri De Luca Un nuage comme tapis (Gallimard, 2015).
L’auteur est un passionné des mots et des langues : l’hébreu, le napolitain, le yiddish. Il nous entraîne dans son monde, à l’écoute des mots et des hommes.

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Freud et la psychanalyse face à la montée des périls

Mercredi 5 décembre
16 h

Avec Laurence Kahn, psychanalyste, membre de l’association psychanalytique de France, auteur de Ce que le nazisme a fait à la psychanalyse (PUF, 2018) ; Jean-Michel Rey, université Paris VIII, auteur du Suicide de l’Allemagne. Sur le Moïse de Thomas Mann (Desclée de Brouwer, 2018)
Rencontre animée par Emmanuel Laurentin, producteur de « La Fabrique de l’histoire » sur France Culture

Est-il imaginable que la psychanalyse soit demeurée indemne face au nazisme ? Retour sur les essais de Freud de l’entre-deux guerres Psychologie des masses et analyse du moi (1921), Pourquoi la guerre ? (1932), traduisant notamment ses préoccupations sur la transformation de la haine individuelle en psychose collective. La Loi (1943), récit de Thomas Mann, rejoint la pensée de Freud exprimée dans L’Homme Moïse et la religion monothéiste (1939).

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Ossip Mandelstam

Jeudi 6 décembre
19 h 30

A l’occasion de la parution du coffret en deux volumes des OEuvres omplètes d’Ossip Mandelstam (coédition Le Bruit du temps-La Dogana, 2017, traduction du russe, édition et présentation par Jean- Claude Schneider).
Avec la participation de Jean-Claude Schneider, traducteur et poète, Ralph Dutli, auteur de la biographie Mandelstam. Mon temps, Mon fauve (Le Bruit du Temps – La Dogana, 2012) et Emmanuel Laugier, poète et critique littéraire.
Rencontre modérée par Norbert Czarny, critique à En attendant Nadeau

« Ossip Mandelstam est un mythe. En Russie et dans le monde entier, on le considère comme un martyr de la poésie, qui paya son oeuvre de sa vie. Il est surtout célèbre pour avoir été victime de persécutions politiques et pour avoir écrit un poème implacable dénonçant Staline » Ralph Dutli
Célébré par Nabokov et Pasolini, traduite par Paul Celan, l’oeuvre de Mandelstam (1891-1938), ce poète opiniâtrement amoureux de la vie qu’il n’a cessé de célébrer jusqu’à son dernier souffle, est un hymne à la dignité fragile de l’homme dans une époque menaçante, et à la liberté.

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Freud et les écrivains, Freud écrivain

Mercredi 12 décembre
19 h 30

Avec la participation de Jacques Le Rider, EPHE, auteur de Karl Kraus, phare et brûlot de la modernité viennoise (Seuil, 2018) et Michel Gribinski, membre de l’Association psychanalytique de France, directeur de l’édition de l’oeuvre de Freud dans la collection « Quarto » (Gallimard, à paraître).
Rencontre modérée par Alain Finkielkraut, journaliste.
Suivie d’une lecture de textes par Martin Ploderer, comédien.

Littérature et psychanalyse ne visent elles pas un même objet, à savoir rendre compte de la complexité de l’âme humaine ? Freud n’a cessé de puiser dans la littérature et a tissé des liens avec de nombreux écrivains. Nous nous concentrerons sur les auteurs contemporains de Freud comme Stefan Zweig ou Arthur Schnitzler qu’il tenait pour son « double » et d’autres qui furent plus critiques à son endroit comme Karl Kraus ou Robert Musil. Nous interrogerons
également Freud « écrivain », ses concepts latents et également sa langue allemande et les problématiques de sa traduction en français. 

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Charlotte Salomon sur scène

Jeudi 13 décembre
19 h 30

Avec la participation de : Muriel Coulin, metteur en scène ; Sephora Haymann, collaboratrice artistique ; Yves Heck, comédien
Rencontre modérée par Joshka Schidlow, journaliste

1940, Charlotte Salomon, vingt-trois ans, crée une oeuvre complexe, un cheminement fulgurant de 1325 gouaches. 1943, elle est déportée et assassinée à
Auschwitz. Comment mettre en scène la vie et l’oeuvre de Charlotte Salomon ?
Muriel Coulin revient sur le processus créatif de sa pièce, Charlotte, et nous explique comment elle a puisé dans la vie et l’oeuvre de la jeune artiste, ainsi que dans le roman Charlotte de David Foenkinos, et a associé archives, témoignages, documents et dialogues pour faire renaître Charlotte Salomon par le théâtre.

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Yevgeniy Fiks, Yiddish Cosmos

Dimanche 6 janvier
17 h

À l’occasion de son exposition « Yiddish Cosmos » à la galerie Sator (5 janvier-9 février 2019)
Avec la participation de : Yevgeniy Fiks, artiste plasticien ; Blanche Grinbaum-Salgas, conservateur en chef du patrimoine honoraire ; Vincent Sator, galeriste
Rencontre modérée par Juliette Milbach, EHESS

À travers sa biographie personnelle et une réflexion identitaire, l’artiste Yevgeniy Fiks (né en URSS en 1972) s’interroge sur le rôle de la culture juive en
Union soviétique. À partir d’éléments mémoriels peu connus voire refoulés, il met en avant dans ses créations plastiques la complexité de la relation de l’URSS à la question juive, à la fois d’un point de vue historique et utopique, en particulier autour du Birobidjan. 

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Freud neurologue et biologiste

Mercredi 9 janvier
19h 30

Avec François Ansermet, université de Genève ; Laura Bossi-Régnier, neurologue et historienne des sciences ; Lionel Naccache, université Pierre-et- Marie-Curie (sous reserve)
Rencontre modérée par Antoine Mercier, France Culture.

En 1896, lorsque Sigmund Freud emploie pour la première fois le terme de « psychanalyse », il a derrière lui une expérience de vingt ans comme  neuroanatomiste et neurologue clinicien. Il a participé aux deux grandes entreprises de recherche sur le cerveau de son temps, la caractérisation des
cellules nerveuses et les localisations cérébrales. Il a aussi travaillé dix ans comme neuropédiatre et publié un livre sur les paralysies infantiles. Dans son Esquisse d’une psychologie pour neurologues (1895) il annonce une vision de la mémoire plastique, qui inscrit et retranscrit, réordonne et recrée les souvenirs, qui au xxe siècle fascinera des savants comme les prix Nobel Eric Kandel ou Gerald Edelman.

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Ismaël et Isaac

Mercredi 16 janvier
19h 30

À l’occasion de la parution de l’ouvrage de Gérard Haddad Ismaël et Isaac. La civilisation gréco-abrahamique (Premier Parallèle, 2018).
Avec la participation de Gérard Haddad, psychiatre, psychanalyste, et de Ghaleb Bencheikh, islamologue, producteur de « Questions d’islam » sur France Culture
Rencontre modérée par Frédérick Casadesus, journaliste

La fraternité non comme lien, mais comme racine du conflit et de la violence humaine, surgit de la théorie du fanatisme élaborée par Gérard Haddad. La lecture de la Genèse, qui s’ouvre par Caïn tuant son frère Abel, fait du fratricide une fatalité. Mais ce livre nous montre aussi une autre voie, la relation de bon voisinage entre Ismaël et Isaac, enterrant leur père ensemble. L’auteur change de prisme et propose le concept de « civilisation gréco-abrahamique », qui intégrerait l’islam. Une autre attitude psychique seraitelle possible ?

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Les rêves et leur interprétation

Mercredi 23 janvier
19 h 30

Autour des ouvrages Les rêves et leur interprétation dans le Talmud d’Alexander Kristianpoller (Verdier, 2017) et L’interprétation des rêves de Sigmund Freud (1899)
Avec la participation de René Levy, philosophe, et Andreas Mayer, historien des sciences, CNRS-EHESS.
Rencontre modérée par Marc-Alain Ouaknin, France Culture (en attente)

A l’aube de la Grande Guerre, le philosophe Alexander Kristianpoller (1884-1942), issu d’une famille de rabbin cultivés, termine une étude sur les rêves et leur interprétation dans le Talmud. Il s’attache à démontrer combien la société juive, même pharisienne, a été poreuse au monde gréco-romain, à ses superstitions comme à sa culture en se référant à la clé des songes la plus célèbre de l’Antiquité, les Onirocritiques d’Artémidore. Au même moment, en
1914, Freud publie à Vienne également la quatrième édition de L’interprétation du rêve, révisée et augmentée. On remarque que dans cette nouvelle édition Artémidore apparaît comme le précurseur de la méthode psychanalytique qui considère le rêve comme la voie royale menant à la connaissance de l’inconscient de la vie psychique. Ce dialogue entre ces deux textes contemporains interrogera le rêve comme porteur d’une histoire des moeurs et croyances et de désirs inconscients.

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